Gravures sur mythes – le livre

Livre de poésie humoristique et décalée autour de la mythologie grecque

Auteur : Kornelius Corax – Illustrateur : Violaine Fayolle (gravures sur bois) 16 reproductions de détails de gravures sur bois associées à 16 poèmes sur quelques mythes grecs : Orphée, Gaia, Pandore, mais aussi Prométhée ou encore le minotaure, Léda… revisités avec un humour décalé.
Editions Kutkha, 42 pages – 15 euros – format : 15 x 21 cm – reliure japonaise – 1ère parution novembre 2009 – réédition avril 2012 – ISBN : 978-2-9540123-1-5

Prologue de Kornelius Corax

Il y a de la gravure sur bois, pierre, cuivre et on parle alors de xylo, litho, chalcogravure, juste pour faire un peu de grec et avoir l’air savant. Mais, on peut aussi faire de la gravure sur mythe, de la mythogravure en fait. Car les mythes ne sont pas un thème d’illustration, un prétexte à exhiber son talent à moindre frais, ils sont plutôt une matière première, une matière brute qu’il faut s’approprier et tailler à sa façon. Les anciens déjà ne s’en privaient pas et il y a moult versions de chaque histoire, de chaque épisode. Car les mythes sont à tout le monde, ou à personne, on les prend sans égard et on leur fait faire et dire ce que l’on veut ; demandez à Freud, il vous expliquera. Contrairement à la littérature, ou à une marque de fringue, les mythes ne sont pas protégés par un dépôt légal, des droits d’auteur ou les lois de la propriété intellectuelle. On peut donc se moquer sans danger de leurs acteurs. N’essayez pas avec un chef d’état ou un marchand de sandwich, vous risqueriez de voir surgir des commandos en cagoules ou un escadron d’avocats, mais avec Hercule ou Zeus, vous n’avez rien à craindre. Attention ! Ne les croyez pas faibles pour autant ; s’ils sont si accessibles, si malléables, c’est au contraire parce ce qu’ils sont très forts. Bien plus forts que nous, bien plus solides aussi que nos chefs d’état et nos marchands de sandwich. Et bien plus intéressants. Alors on en a pris quelques-uns et on leur a fait dire ce que nous voulions, et ils se sont laissé faire car ils sont bienveillants et sages. Depuis le temps qu’ils nous accompagnent, ils ont compris que lorsqu’on parle d’eux, c’est surtout pour parler de nous.

Je crois même que ça les amuse… Les artistes sont tellement narcissiques !